Fever

Couverture du second numéro 2 du fanzine Fever

Un fanzine est le plus souvent un acte d’amour dont le désir foncier est de monter une idylle collective sur encre et papier. Parmi les organes marginaux qui bourgeonnent, Fever ne durera que le temps de deux numéros. L’amour est une chose, la diffusion une autre…

Éric T. Lurick

Prosélytes et passionnants, les fanzines ont en commun d’avoir une existence brève, d’avoir tous tâté de la photocopie, et de se donner les moyens d’être les ardents propagateurs de la musique qu’ils aiment et défendent.

Leur prosélytisme ne se limite pourtant pas à la musique car les horizons sont plus vastes : bande dessinée, graphisme, littérature, cinéma emplissent colonnes et rubriques, comme pour réaffirmer et nous convaincre d’une esthétique rock.

Le premier numéro de Fever parait dans le courant du mois de novembre 1983. Vingt deux pages au format A5 avec au sommaire le rock à Bordeaux, les Cramps, les Milkshakes, les Playboys, les Drinks, une planche de BD, le rock à Strasbourg de 1959 à 1977.

L’édito reflète l’humeur d’une génération trop jeune pour avoir vécu les glorieuses sixties, qui n’a eu que l’arrière goût de la fureur punk, qui cherche ses héros définitifs dans un contexte en pleine transition : le rock n’est pas une mode, le rock n’est pas une musique morte, le rock est une idée…

Pour son second numéro, Fever voit les choses en grand, passe au format A4 et s’adjoint les services d’Antoine Bernhart pour la couverture et l’illustration d’une chanson de Birthday Party. Au sommaire : les Transes Musicales, The Jam, Visitors, Le Mur, Les Casanovas, Alan Vega, The Meteors.

Comme dans la précédente édition, le rock local a sa place, sans pour autant céder aux accointances supposées : nous nous intéressons aux groupes locaux, mais les frimeurs qui font le blocus ne présentent aucun intérêt…

l’humour et la passion qui s’expriment à chaque page font de Fever un des prototypes même du fanzine, qui signe ses influences et ses racines avec enthousiasme, en dépit des modes stéréotypées, avec ses humeurs, ses coups de gueule et ses coups de cœur.


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